collaborative art

︎ Hyphen#1 _Mixed-media installation




︎ [English below]

Mixed-media installation - text and photographs printed on metal : collaborative project led in Fleury-Mérogis women prison

With : Farah, Mimi, S.B., Gitane, Lola, Mamie Sexy, Anne Vanderstein, Kitty, Bénédicte Ledru, Hélène Périvier, Kevin Brophy ; graphic design by Gaëlle Renaudin



    Au sein de la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis, les détenues se voient proposer de travailler pour des entreprises textiles de luxe : pour un salaire minime, elles cousent des paillettes sur des sous-vêtements. Les travailleuses de ces ateliers ont ainsi mis en place un réseau souter­rain d’échange basé sur ces boîtes de paillettes, qu’elles subtilisent et réutilisent ensuite en commun, pour réparer leurs propres vêtements usagés. Alors qu'elle découvre ces circuits clandestins, Julie Ramage propose de réunir un groupe de travail composé de femmes détenues, d'artistes et de chercheuses afin de questionner ensemble les dynamiques croisées d'oppression pesant sur les corps des femmes.

    A l'intérieur des murs, les participantes refusent la captation des images et des sons, privilégiant la création d'un espace intime d'échanges. Progressivement, les connexions se créent entre les collaboratrices : des objets textiles sont créés et activés à l'intérieur des murs ; les femmes échangent des secrets de chagrin et de violence, des aiguilles, des amulettes faites de petits morceaux de tissu, des cadeaux destinés à leurs enfants qui grandissent à l'extérieur des murs. Ces transactions portent bien plus que leur valeur économique : elles témoignent de contextes culturels et familiaux, véhiculent des connotations de vie et de mort. Elles dessinent une carte des corps féminins dans les économies capitalistes, et suggèrent des interstices pour la résistance.

Design graphique : Gaëlle Renaudin



︎ [English version] ︎

    In Fleury-Mérogis prison (France), women inmates are offered to work for luxury textiles companies : for a tiny wage, they sew sequins on underwears. Based on those tools, which they are stealing from the factories, and those skills, which they are learning during their working time, prisoners organized an underground network to repair and customize their old clothes.

    As she finds out about those clandestine circuits, Julie Ramage first offers to bring together voluntary inmates, artists and researchers to question intersecting dynamics of oppression on women bodies. Inside the walls, incarcerated women refuse the captation of images and sounds, allowing the birth of an intimate space for exchanges. Progressively, connexions deepen between the co-workers ; transactional textile objects are created and activated inside the walls ; women exchange secrets of grief and violence, needles, amulets and charms made of tiny pieces of fabrics, textile gifts for children growing up outside.

    Those transactions carry much more than their economic value : cultural, familial, death and life connotations. Together with their carceral context of production, they draw a map of women bodies in capitalist economies, and suggest interstices for resistance.

Graphic design : Gaëlle Renaudin




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